Si vous avez plus de seize ans, tout opticien pouvait et peut toujours vous vendre une paire de lunettes au moment oú vous le désirez. C’est la prise en charge de ces lunettes qui pose problème. Les délais d’attente chez l’ophtalmologiste, nés d’une volonté politico-économique, n’ont été qu’un prétexte à l’évolution législative. Ces délais, dus à une diminution du nombre de médecins, ont été constitués pour nuire à la facilité d’accès aux soins dans l’espoir de réduire les dépenses de santé. Cuisant échec ! Après avoir remercié de très nombreux candidats à la première année de médecine en France, la politique est brutalement corrigée par l’accroissement du nombre d’étudiants sur les bancs de la Faculté et par l’appel massif à des médecins formés à l’étranger. Ce qui compte aux yeux du patient loin de ces considérations citoyennes, c’est le délai pour obtenir le papier lui accordant le remboursement de sa monture et de ses verres correcteurs, sa santé oculaire n’étant que secondaire si l’on en croit l’évolution de la loi. Le patient va maintenant pouvoir être remboursé de ses lunettes qui ne lui plaisent plus ou de ses verres de plus ou moins bonne qualité, rayés par manque de soins, sans lâcher son caddie dans la galerie marchande et sans risque que l’ophtalmologiste lui dépiste une maladie dont il se passe très bien. Progrès en termes de santé publique ? Impact sur le plus grand nombre en période électorale ? Difficile de croire en la démagogie du pouvoir législatif face aux enjeux de santé publique… Article L4362-9 (Loi nº 2005-102 du 11 février 2005 art. 81 I Journal Officiel du 12 février 2005) Les établissements commerciaux dont l’objet principal est l’optique-lunetterie, leurs succursales et les rayons d’optique-lunetterie des magasins ne peuvent être dirigés ou gérés que par une personne remplissant les conditions requises pour l’exercice de la profession d’opticien-lunetier. Le colportage des verres correcteurs d’amétropie est interdit. Aucun verre correcteur ne pourra être délivré à une personne âgée de moins de seize ans sans ordonnance médicale. Article L4362-10 (inséré par Loi nº 2006-1640 du 21 décembre 2006 art. 54 II Journal Officiel du 22 décembre 2006) Les opticiens-lunetiers peuvent adapter, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de trois ans dans des conditions fixées par décret, à l’exclusion de celles établies pour les personnes âgées de moins de seize ans et sauf opposition du médecin. L’opticien-lunetier informe la personne appareillée que l’examen de la réfraction pratiqué en vue de l’adaptation ne constitue pas un examen médical.